Riche ou pauvre tu seras

Imaginez que l’on coupe Paris en 2. Disons rive droite et rive gauche, et que la frontière soit la Seine. Supposez que l’état offre une bourse et que les banques octroient des prêts immobiliers à taux zéro pour ceux qui demeurent rive gauche. Mais n’accordent aucun prêt à ceux qui vivent sur la rive droite. Les premiers vont acheter leur logement, les revendre pour acheter plus grand , accroitre leur richesse. Les seconds restent au mieux… locataires. Enfin, retenez vos cris, et envisagez que seuls les blancs puissent prétendre à la bonne affaire d’investir rive gauche…. Et bien voilà, vous venez de comprendre l’histoire du redlining américain. Car c’est exactement ce que l’Etat, les banques et les promoteurs des USA ont fait durant trente ans. 

Banlieue. USA. Photo Alex Mac Lean

Banlieue. USA. Photo Alex Mac Lean

Je l’ai appris en regardant la Web TV d’un humoriste américain qui « ruine » une idée reçue à chacune de ses émissions. A la question « Pourquoi les noirs et les latinos restent pauvres, et que les riches sont blancs ? », l’animateur de « Adam ruins everything » répond avec  l’histoire (très dérangeante) des banlieues américaines . Lire la suite

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Mirage en Islande

Parce que c’est juste beau. La vidéo encore plus,  Keith Ladzinski en Islande

@ladzinski’s journey through Iceland, Shot on DJI MavicPro
Keith ladzinski, photographe pour National Geographic. En paddle dans un labyrinthe de glaciers. Islande
Keith ladzinski, photographe pour National Geographic. En paddle en Islande

Keith ladzinski, photographe pour National Geographic. En paddle en Islande

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La Corse de René

La petite route quitte le flux des touristes qui sillonnent la route d’Ajaccio à Porticcio. Elle longe les méandres de la rivière pour atteindre l’auberge du Prunelli. Que dis-je ! Du Prunelllllll. Ici, la terminaison des mots est bannie. Addjacch, oh les pinsuts, pas a-ja-xio. Nous sommes chez César et Valentin. Enfin, César, et Valentin, et l’esprit de leur père René Orlandazzi. Enfin, César, et Valentin, et l’esprit de René, mais aussi celui des soeurs Santa et Mattea, et puis…

Auberge du Prunelli

Auberge du Prunelli

C’est de leur Corse que je vais vous parler, pas celle des criques sauvages, des paillotes et des flots d’azur. Mais la Corse des Corses, celle des collines, des villages de pierre et des torrents, jamais bien loin de la mer et pourtant à des miles de l’esprit des côtes. Voyage en terres de vins et d’herbes pas folles .

René

René, devant la rivière du Prunelli. Impressionnant pour les adultes. Adoré des enfants

L’Auberge du Prunelli est une institution. J’y vais depuis…, plus de trente cinq ans. J’ai connu Mattea, résistante notoire durant la seconde guerre mondiale. en dame toute ronde et malicieuse, roulant les r comme un torrent charrie des galets, et faisant déguster son limoncell. « Tu en prrrendras bien un deuxième ! Bah, autant finirrrreu la bouteille. Les citrrrons ne vont pas se sauver, on en rrrreferra demain. »

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Nippone, ni soumise, quoi que…

Tout d’abord, je n’y croyais pas. Mais si. Devant moi, la touriste japonaise marchait à petits pas sur le carrelage. Elle s’était avancé avec respect vers Victor. Victor, c’est le nom que Sophie Calle a donné à l’ours blanc, géant, et empaillé, qui trône au premier étage du Musée de la chasse*.  Notre nippone s’approchait donc, et dans une envolée de son long manteau noir, elle… s’agenouille devant lui ! J’en suis restée bouche bée. Coup d’oeil à mon neveu Julien qui affiche la même tête éberluée. Evidemment, nous voilà pris d’ un fou rire communicatif. Elle a calé sa tête entre les griffes assagies de l’ours, dont la physionomie prend tout à coup un sens, disons, mitigé, entre surprise,  et plaisir inespéré ? Elle restera longtemps, suffisamment pour je  sorte mon téléphone et capture cet instant magique. Julien chuchote des sous-titres « Nippone ni soumise ? L’Ours mal léché ?…. », véritables moteurs à relancer les gloussements. La gardienne est au bord de l’apoplexie, elle pleure de rire en silence, joues cramoisies. Elle me dit dans un hoquet : « dans ce musée, on peut tout toucher » et s’étouffe de plus belle, le visage englouti dans son col roulé pour dissimuler son hilarité. Quelle belle journée qui commence en ce 25 décembre…

L'ours blanc. Musée de la Chasse et de la Nature

L’ours blanc. Musée de la Chasse et de la Nature

  • Exposition Sophie Calle au Musée de la Chasse et de la Nature « Beau doublé monsieur le marquis »

 

 

Drag Queens et féminité assumée

Je ne m’étais jamais demandé pourquoi j’aimais les drag queens. Les voir dans le show américain Ru Paul Drag Race me faisait du bien. Point. Point ? Hummm, juste une vague sensation de prendre un shoot de féminité extravagante, dans un monde où finalement, il apparait de plus en plus mal venu, voire dangereux, d’en user. Le récent épisode dans la vie de Violet Chachki, winneuse de la saison 2015, est venu en partie éclairer ma lanterne.  En novembre, Violet est devenue la première drag queen égérie d’une marque de lingerie pour femmes-femmes, (je précise, vu que Violet est biologiquement mâle, pour ceux qui n’auraient pas capté). Mais ca veut dire quoi, exactement.

Violet Chachki, collection Betty Page pour Playful promises

Violet Chachki, collection Betty Page pour Playful promises. Micro bonnets pour la campagne de pub avec Violet, mais rassurez vous, ils ont des tailles parfaitement normales sur les modèles en vente pour les femmes à seins.

Un coup marketing ? Bien sûr. Quelle marque ne rêve de se démarquer de ses concurrents tout en optimisant son image et en générant un trafic de fou sur son site de vente en ligne… Lire la suite

Hallé, le botaniste du radeau des cimes

Digne du botaniste du XVIIIe, *Carl von Linné, Francis Hallé est un aventurier au sens scientifique du terme, mais aussi un universitaire contemporain. Né en 1938, le biologiste montpelliérain  a sans doute vu plus d’espace inconnu que les astronautes actuels, sans même quitter notre planète bleue. Monsieur Hallé a inventé le radeau des cimes, une structure gonflable à poser sur la canopée des forêts tropicales pour y découvrir un monde de plantes jamais encore découvertes par l’humain . A 79 ans, il se rebelle, encore, et encore: « La forêt primaire n’a plus d’avenir, ça fait cinquante ans qu’on le dit. Tous ceux qui pourraient faire quelque chose, à savoir les leaders politiques et économiques, tirent parti de la destruction de cette forêt. » Une phrase qui pèse son poids alors que le président Français a inauguré le « Climate Summit » en décembre 2017 à Paris, pour alerter sur l’urgence absolue d’agir afin de sauver notre planète. Tout en étudiant la possibilité d’ouvrir  la « Montagne d’or », méga exploitation aurifère dans la forêt guyannaise… 

carnets de terrain de Francis Hallé

Carnets de terrain de Francis Hallé, écrits depuis 1962. Il y décrit, décrypte, nomme et classe les plantes découvertes . Dans les pas de *Carl von Linné, naturaliste suédois qui réalisa la première classification  des règnes minéral, animal et végétal, entre 1735 et 1763.

« Nous sommes comme un médecin devant un malade. On essaye de faire aussi rapidement que possible, mais il est évident que beaucoup d’espèces disparaîtront avant d’avoir été nommées, encore moins étudiées. » Il ne croit si bien dire puisque les experts s’accordent sur les propriétés potentielles de ces « nouvelles plantes » pour soigner les maux de notre époque.

carnets de terrain de Francis Hallé

carnets de terrain de Francis Hallé

Pourquoi le dessin plus que la photo ?  Lire la suite

Anti-cosmetic design

Faire du neuf avec du vieux, c’est banal, non ? En langage marketing, on appelle cela du cosmetic design. Comme habiller les sacs Vuitton de dessins de Murakami ou de reproductions de la Joconde. Là, je vous parle d’anti-cosmetic. Innover sur le fond, pas la forme, en se basant sur des concepts inventés voilà belle lurette, par des indiens pré-colombiens, ou des geishas du siècle d’or des kimonos. Les bonnes idées n’ont pas d’âge, mais les décliner avec des matériaux et techniques les plus innovants… C’est aujourd’hui !

Futon de voyage. Première escale dans l’empire du soleil levant, je ne me lasse décidément pas des nippons, qui savent si bien intégrer le passé au moderne, produits et illustrations superbes. Voici le travail du collectif ONFadd

couchage ONFadd

portable slipping pack ONFadd

Kit de sommeil pour nomades, avec coussin de tête isolant sonore, batteries solaires sur le pourtour (en option) et Zhou, comme dirait geisha-san, une sieste ILIKO

couchage ONFadd

Portable sleeping bag ONFadd

 

New claquettes qui ne font ni clac, ni flip, ni flop. Visite spacio-temporelle  en Amazonie pré colombienne, là où les autochtones trempaient leurs pieds dans le cahuchu, la sève sirupeuse des hévéas que nous connaissons comme le caoutchouc. Lire la suite

S’asseoir sur les idées reçues

Ce n’est pas une hallu, les chaises sont bien posées sur l’eau, sur l’eau d’un étang, ou d’un lac. Et bizarrement voila que notre cerveau ne sait pas où, à quoi, se référer. J’adore l’inconfort que cette surprise initie.

Hidemi Nishida

Hidemi Nishida. Fragile chairs

Changer le rapport des choses, l’angle de vue, trouver sa place là où elle n’a pas lieu d’être, tortiller de l’assise, frissonner des neurones, vertige . Hidemi Nishida, un artiste et architecte japonais, élevé à Hokkaido, utilise pour  fil rouge une chaise. Juste une chaise et les idées préconçues volent en éclat Lire la suite

Désirs géopoétiques

Et si, et si…. Voici une liste d’escales d’où rapporter des objets à rêver, de Turquie au Japon, d’Angleterre à Paris, pour laisser baguenauder mon esprit et papillonner mes doigts, une brise de légèreté.

TURQUIE. Tourner autour du verre oblong, taillé en gros éclats, de ces vases de  Bilge Nur Saltik qui démultiplient une fleur en un bouquet chatoyant.

Bilge Nur Saltik OP vases

Bilge Nur Saltik OP vases Kaléidoscope

Bilge Nur Saltik OP vases

Bilge Nur Saltik OP vases

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Du divin sur la plage

Un peu de calme…. Elle est si pure, cette chapelle au bord de l’eau … Conçue en 2015 par Vector Architects, en Chine, à Beidaihe New District. Comprenez l’une de ces mégapoles qui sortent de terre comme des champignons. Mais ici, c’est la Sainte Trinité air-mer-vent qui domine.

seashore chapel Vector Architects Chine

seashore chapel Vector Architects Chine

Mystique, recueillement, paix, voilà ce qui vient à l’esprit en la voyant Lire la suite

Gâteaux mathématiques

L’Ukrainienne Dinara Kasko est « chef en pâtisseries architecturées ». Non contente de créer des desserts incroyables que l’on verrait plutôt sur les tables des restaurants étoilés, elle propose le secret au grand public. Le luxe réservé à l’élite, à présent accessible à tout le monde.  Comme on aime.

dinara Kasko

dinara Kasko. 81 parts individuelles

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Les racines du mal

Le clip video est choquant, formidable, Silence on braque un hôpital. Réalisé pour l’ONG OXFAM Brutal, même pour les fraudeurs, individus ou multinationales, qui ne se rendent plus compte de la gravité de leurs actes tant ils semblent banalisés.

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Le débat est quant à lui, clarifiant. Dépêchez vous de le voir, 30 jours en replay, à la fin du documentaire Paradise Papers de Cash investigation. Je suis restée scotchée à 1h50mn et 50 secondes exactement. *Chantal Cutajar parle… »Le système de société off shore n’est pas une anomalie du système capitaliste, mais le coeur de son fonctionnement ». C’est fou, je ne l’avais même pas réalisé, le voyant plus comme une dérive.

Sa solution ? Les politiques ne bougeront pas sans le peuple qui les y oblige. En clair, elle aurait pu aussi bien dire « malgré mon poste, malgré les analyses, malgré les dossiers transmis  aux autorités, rien ne bouge. Lire la suite

Malade de Louise Bourgeois

Visite à la Monnaie de Paris. La plus ancienne entreprise du monde (!) avec ses 1150 ans, a fait peau neuve. Je la connaissais alors que la partie arrière inaccessible au public était remplie d’ateliers et d’ouvriers. Désuète, encore dans son jus, les pierres noircies faisaient un contraste étonnant avec le quartier si chic du 6e. Ca m’avait faire rire en imaginant la tête des voisins si on leur avait dit que des bains d’acides nécessaires à la fabrication des pièces de monnaies jouxtaient leurs apparts à 20 000€ le m2… C’est donc dans la dernière usine parisienne en activité que je viens découvrir l’exposition Women House avec 39 artistes femmes exposées. Un choc m’y attendait.

Women House

Women House. Monnaie de Paris

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Le secret de Fortuny

J’étais bougrement agacée, je l’avoue, au sortir de l’exposition Fortuny du Palais Galliera. Comment se faisait-il que rien n’y était expliqué quant à la fabrication du fameux plissé Fortuny, dont Miyake s’inspirera avec le succès qu’on lui connait. Et bien c’est simple… Ce n’est pas Mariano Fortuny qui l’a inventé.

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Miss Muriel Gore in a Fortuny dress, by Sir Oswald Hornby Joseph Birley, 1919

Et ça, cette « petite » info pour le moins étonnante, que quick, nada, niente dans l’expo. Pourtant tout était propice à cette information Lire la suite

Mon Goyard en Riva

« Tu m’emmènes en bateau ! » Non, mais, tu as été élevé où, toi ? « Voudrais-tu bien m’emmener en bateau, s’il te plait.. », ce serait mieux. Ok. tu boudes maintenant. Encore une fois je te passe tes caprices mon Goyard. Allez, l’idée est séduisante. On ne va pas aller « en bateau », mais découvrir le berceau des Riva. Ca te tente ? Je vois, je vois, tes anses en tombent. Zippp, on ferme la valise, en route vers Sarnico, en Italie, chez Carlo Riva.

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La vedette Riva, devant la plus grande île lacustre au monde, nichée au coeur du lac d’Iseo.Photo L.Picot

C’est à l’aube qu’on embarque. Un voile de brume épaisse couvre le lac. L’eau ne frise pas. Miroir liquide, pour supporter les crêtes du sillage produit par la vedette de la Dolce Vita. Lire la suite

Very last day in Kyoto

The Glass tea house created by Yoshioka l’alchimiste has desappeared last 10th of september, 2017. So lucky the ones who experiment it, in its original surrounding.  For the others, it is time to watch the short Tokujin Yoshioka’s movie  le film de Kou-An23CREDIT

or to discover more with Transparent comme la Tea House de Tokujin

Les festins d’Hissa

Il y a quelques mois, je reçois un message proposant de participer à une opération de crowdfunding pour l’un des plus grands chefs japonais, Hisayuki Takeuchi. L’objectif est d’aider à installer son nouveau laboratoire de cuisine au coeur de Paris. En échange, bento ou repas d’exceptions. Il y a quelques années, j’avais ‘longuement rencontré l’auteur de ces délices resté trop longtemps dans l’ombre. Retour sur le parcours d’un artiste hors norme  qui cuisine pour soigner l’âme et le corps de ses hôtes.

« Si vous ne faites pas de fautes à la dictée, je vous invite à dîner ». Comme chaque semaine, le chef japonais de cuisine française Mizugushi s’adressait ainsi à ses apprentis, n’enseignant son art qu’à ceux qui apprendraient la langue et la culture de France. Parmi eux, Hisayuki Takeuchi. C’était il y a trente-cinq ans, au restaurant étoilé Le Piaget de Tokyo, étape marquante pour ce jeune fils de paysan destiné à devenir le chef le plus étonnant de la nouvelle cuisine japonaise.

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Casquette noire, polo à manches longues sous un T-shirt de cycliste, jean sombre et baskets fluo, Hisayuki Takeuchi ressemble à un étudiant. Son visage sans ride ne reflète absolument pas ses cinquante-sept ans. Une étrangeté de plus à l’actif de ce cuisinier qui brise tous les codes liés à la gastronomie de haut vol, ne respectant que la qualité des ingrédients et ce qu’il considère comme l’art en perpétuelle évolution de son métier.

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Derrière son comptoir, Hissa prépare comme chaque soir une œuvre culinaire disposée sur son unique héritage familial, les grands plats de porcelaine légués par son grand-père où figurent depuis deux siècles des poissons bleus stylisés. Les fines lamelles de coquilles Saint Jacques crues perlées d’une goutte d’huile d’olive y côtoient les sashimi de dorade et de turbot, le yuzu à croquer avec sa peau « aux actifs rajeunissants » ou les sushis à l’avocat et purée de framboise. Un festin issu directement ce soir d’une interprétation de Mondrian mâtinée d’un paysage où l’on devine une cascade s’écoulant jusqu’à une rizière poissonneuse. « Un souvenir de mon enfance, quand j’habitais avec ma mère à Ogaya ». Avant de devenir un chef respecté, Hissa a suivi un parcours surprenant qui débute dans l’île de Shikoku, tout en haut du chemin gravissant la montagne jusqu’à la dernière bâtisse, une ferme coiffée de chaume où trimait seule sa mère. Le personnage clef dans la vocation de Hissa. Lire la suite

Koshino mon amour… de kimono

Où j’apprends l’histoire du kimono, redécouvre Galliano et tombe en pâmoison devant les tenues de Junko Koshino…  

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L’exposition déclencheuse a lieu au Musée Guimet où se déroulent devant nous 4 siècles kimonesques. Côté historique,  ce qui m’éclate le plus sera hors thème, perdu dans une petite vitrine : une kanzashi, longue épingle à cheveu nippone du XVIIe siècle avec… mini-boussole intégrée ! Pour quoi faire ???? Lire la suite

L’or éthique des colombiennes

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Colombie, en hélicoptère au dessus des mines illégales, 40°. près de 100% d’humidité. Aucune route. Le seul moyen de prendre connaissance du terrain est l’hélico piloté par Beatriz. photo Laurence Picot.

Quand je suis partie en Colombie, dans la province d’Antiochia, là où se trouve le berceau des guerilleros Farcs, et le nouvel eldorado des paramilitaires qui surveillent les champs de coca. J’y ai découvert une mine d’or légale, tenue par des femmes, qui révolutionne par sa gestion « durable » la soi-disant obligation de polluer et tuer quand on extraie des métaux précieux  Lire la suite

Les femmes cachées de Pasteur

Je l’ai croisée pour la première fois dans la serre abandonnée de l’hôpital historique. Un chouilla tronquée puisque juste en buste, qui plus est recouverte en partie de plantes mortes. J’ai délicatement repoussé les feuilles de son visage de marbre pour en caresser les traits. Sur le piédestal verdi de mousse, son nom gravé, Madame Lebaudy. J’ai beau fouiller ma mémoire, rien n’affleure. Pourtant, un buste féminin, à l’Institut Pasteur, même oublié sous les feuillages, laisse présager un parcours scientifique hors normes. La chasse est ouverte. Elle va me donner du fil à retordre. A la clef, le trophée, son histoire exceptionnelle mêlant scandales financiers, excentriques de haut vol, recherche scientifique et premiers logements sociaux, valait bien de se creuser les méninges et fourrailler dans les archives de tous bords.

 

A l’Institut Pasteur, les bâtiments portent le nom de 18 chercheurs, aussi masculins que les rares statues. Même pour Françoise Barré-Sinoussi, prix Nobel de médecine tout de même pour avoir identifié le VIH avec le professeur Montagnier en 2008, il faut accéder au 2e étage d’un bâtiment pour voir son nom écrit au gros feutre par ses collègues sur une feuille de papier écorné. Quant à Marie Curie, qui pourtant vint y travailler quelques temps, rien de rien.  Pour notre Madame Lebaudy, unique statue de personnalité féminine… Direction les archives de l’Institut. J’y apprends peu de choses. Elle aurait financé la construction et la tenue de l’hôpital dès 1895, et durant 17 ans les cours donnés aux doctorants. Ce qui m’intrigue et relance la machine à enquête, c’est que madame Lebaudy l’a fait anonymement, son nom dévoilé après sa mort selon ses dernières volontés. Un peu bizarre, non ? serait-elle une mécène trop discrète, ou, théorie délicieusement complotiste, n’aurait-elle pas plutôt eu honte de son nom …. Lire la suite

Louise Bourgeois et moi

Rendez-vous à New York, dans sa maison de Chelsea. La grille sculptée, emblématique de son travail, défend une petite porte d’entrée qui s’entrouvre sur une caméraman.  Froide et muette, elle me suit avec son téléobjectif dans un couloir étouffant qui débouche sur l’antichambre.

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Des murs jaunis sont couverts de livres, un autre est masqué d’un énorme tableau de mémos, photos, lettres ou dessins. De grandes fenêtres à carreaux de verre poussiéreux ne laissent pénétrer qu’un filet de lumière. Au centre trônent un tabouret d’époque indéterminée et trois fauteuils déglingués, sur l’un desquels est posée une éditrice canadienne. Une journaliste mexicaine, une peintre américaine et un sculpteur basque viendront la rejoindre. Nous nous présentons en attendant d’être introduit à la star qui demeure mystérieusement cachée. La cerbère greffée de son troisième œil électronique me pointe du doigt. C’est mon tour. Lire la suite

Mini mondes animés

Je suis tombée sous le charme des mondes miniatures de Rafael Varona, dont je ne sais presque rien si ce n’est que cet artiste graphiste vit à Berlin. Mes favoris sont ceux qu’il appelle Impossible Bottles, où un univers incroyablement précis et surprenant se retrouve enfermé sous cloche. Il me ramène,  gamine, quand je retournais les boules à neige et que j’imaginais des mondes enchanteurs entre les flocons.  A la différence près que ces capsules là laissent à voir le monde souterrain, invisible, et souvent inquiétant, le monde de ce qui se cache derrière les apparences, la vraie vie en somme, comme dans nos rêves. Lire la suite

La chasse au trésor Baccarat

En ces moments de doute, je me raccroche à ce que je peux. Et je pense au comte de Chambrun mort en 1899. Je l’ai découvert lors d’un reportage au long cours, sur l’entreprise Baccarat. Le comte Aldebert de Chambrun avait reçu en biens, et par la dote de son épouse, la célèbre manufacture de cristal. Ils vivront toute leur vie des bénéfices de l’entreprise. Mais le comte devient aveugle. Et se met alors à voir autrement. Il créé des actions qu’il offre à ses ouvriers pour les remercier d’avoir si bien su, par leur travail, entretenir leur maisonnée et leur confort. (la Fondation Cognacq-Jay) .  Il les protégera ainsi par delà sa mort en créant une fondation pour eux. Et il créera aussi le Musée Social qui loin d’être un musée, était ce qu’aujourd’hui nous appellerions un think tank économique. Car pour lui, le capitalisme sans partage social était irrémédiablement destiné à se détruire et détruire la société. Voilà ma pensée de ce soir. Guidée par un aveugle. Et pour ceux que cela intéresse, voilà comment je suis parvenue jusqu’à Aldebert.

Le trésor de Baccarat

On a tous un rêve de gamin de chasse au trésor vissé à l’âme. Mais il est bien rare de le vivre en tant qu’adulte. Et bien, oui,  j’ai eu la chance inouïe de trouver un vrai trésor. Je ne l’ai pas poursuivi, comme le diamant vert. J’ai marché dessus. Quand j’ai compris, j’ai ressenti des papillons d’excitation au creux de l’estomac et des fourmis qui courent sous la peau en faisant dresser tous les petits poils de plaisir.  Lire la suite

Un bagnard à l’Unesco

Non mais quelle histoire ! Celle de l’ancêtre de Jamie Larmour Reid, Australien, et l’un de mes premiers locataires Airbnb avec qui je n’ai jamais perdu contact (au début, quand ce n’était pas un ersatz d’hôtellerie, c’était vraiment bien Airbnb ). La famille de Jamie  ne devait pas être fière fière de son aÏeul bagnard en Tasmanie dans les années 1832. Quoi que, d’après les registres, il n’avait fait que voler un manteau pour s’y retrouver ( les choses n’ont pas tant changé que cela pour les voleurs de pain qui ont faim et de manteau qui ont froid).

 

Trêve de digression, notre William Gould,  puisque tel est son nom, est en plus porté sur la bouteille. On pourrait se demander comment un prisonnier se ruine régulièrement la tronche au gros rouge dans une prison réputée l’une des plus dures au début de ce 19e siècle…. Lire la suite

Eglise Trans…Lucide

Un mirage. Voilà l’effet que produit cette chapelle de village toute en strates de lumière et d’ombre. Ses concepteurs, les architectes Gijs et van Vaerenbergh, ont relevé un défi de taille: créer une apparition nimbée de mystère et pourtant bien réelle.

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Surtout, ce bâtiment transparent et vide, est un véritable hymne à la nature. Lire la suite

Antoine, Cléopâtre et Balenciaga

Il s’appelle Antoine. Il épousa sa muse Cléopâtre … Pas en Egypte, mais à Paris, en 1918. Car il s’agit bien du sculpteur Bourdelle dont je parle. Ses oeuvres monumentales me laissent toujours sans voix. Impressionnantes. Apaisantes. Elles interpellent, veillent et protègent dans l’ancien atelier de l’artiste, devenu un musée magnifique dont on découvre encore et encore des coins et des recoins oubliés. Lire la suite

Georg Jensen « Quelque chose de pourri au royaume du Danemarketing »

 

Alors que Baccarat vient de passer sous pavillon « fonds d’investissement » chinois, je replonge avec rage dans la même mésaventure danoise… En espérant malgré tout que le cristal français s’en sorte mieux que l’orfèvrerie scandinave…  Retour sur une drôle d’enquête.

Il est rare qu’un journaliste ne contacte pas le service de presse d’une marque avant de se rendre dans ses ateliers. Sans aucune arrière pensée au départ, c’est pourtant ce que j’ai fait avec Georg Jensen, orfèvrerie historique Danoise. J’ai farfouillé sur le Net, pas trouvé d’attachée de presse en France, déniché quelques contacts au Danemark, envoyé des mails, et appelé tout bêtement les personnes qui m’ont répondu afin de prendre rendez vous. Deux interviews me sont octroyées, je n’y vois pas malice…Je me suis retrouvée à Copenhague au coeur d’une histoire de famille, de gros sous, de délocalisations discrètes, de fonds de pension et d’artisans en révolte.  La gabegie les amis !  Lire la suite

Le son du luxe

Capture d’écran 2014-02-20 à 00.39.03Existe-t-il un « son » du luxe 

Ne croyez surtout pas que vous entendez la vérité, du moins celle que produit n’importe quelle matière. Aujourd’hui, vos oreilles sont aussi choyées que vos papilles en gastronomie. au centre de recherche de BMW, avec le docteur Gerhard Thoma . Ce génial professeur Nimbus est capable de contrôler, réguler, effacer, métamorphoser, construire le moindre son d’un véhicule. Et puis aussi à Paris, juste à côté de la fontaine Tinguely de Beaubourg, au centre de recherche de l’IRCAM. Voyage dans les paysages sonores, les sounds landscapes…

© Laurence Picot. Publié dans Le MondeCapture d’écran 2014-02-20 à 00.34.22

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Je déteste les coiffeurs

Je viens de lire un très joli billet de sophie ausilio, narrant son expérience délicieuse à chaque fois qu’elle se rend chez sa coiffeuse. Me suis prise à rêver… Parce que pour moi, une visite chez le coiffeur vire systématiquement au cauchemar. Va savoir pourquoi je n’arrive jamais, jamais, à communiquer ce dont j’aurais envie. Incompatibilité absolue avec quiconque tient séchoir et ciseaux.

coiffeur

La dernière fois, j’étais pourtant claire. J’avais préparé, mûri mon argumentaire. Court (plus tu décris, moins tu as le résultat escompté). Imagé (histoire de transférer directement d’esprit à pouce index). Cinématographique (rien de mieux qu’une référence de star dans une boutique où les principales lectures sont Gala, Paris Match, Vogue et Point de vue). Je me lance. « Pas de besoin de magazines mademoiselle, je sais exactement: je voudrais la coupe de Marie Antoinette avant qu’elle ne fasse décapiter« . Elle reste bouche bée. Je me dis que là, je l’ai eu, il n’existe pas de star aussi fameuse que la malheureuse épouse de Louis XVI. Ha, ha, trop maline  ! Lire la suite

Parfum du désir, parfum de fortunes

Un petit préambule, comme ça, en passant, parce que ça m’agace quand on me serine que rien n’équivaut  le parfum naturel, les molécules 100% bio et autres huiles essentielles so chic, so chères. Je ne dis pas que les synthétiques sont toutes tip top, mais quoi, au moins, on peut les modifier. Mes pro-bio ne savent pas, les malheureux, que la nature n’a jamais créé des parfums à appliquer sur la peau humaine. Pour une raison simple, les molécules naturelles peuvent être dangereuses, elles aussi. Très. Et oui, nul  hasard à ce que les premiers parfumeurs en France aient été gantiers. L’expérience ayant fait son travail de prévention, nul ne s’aventuraient à s’asperger directement sur la peau les senteurs les plus riches et savamment concoctées dans les officines médicales. Toilettes aux vinaigres, ok, mais pour déposer des parfums, only sur la peau… de ses gants. Il faudra pour bien s’en rendre compte attendre une loi mise sur les tablettes des législateurs en 2012.

Musée du parfum. Paris

Collection des 25 plus importantes matières premières en parfumerie. Musée du Parfum. Paris

2, 3 molécules interdites ? Hummm, que nenni, 50, 60, 70, 80 plutôt, par principe de précaution, dixit le texte. Synthétiques ou naturelles ? Les deux mon capitaine. La cata pour les parfumeurs. Mais bon, voilà du pain sur les paillasses des chimistes. Rappelons que pour les synthétiser, il a fallu le talent de Prix Nobel. Koiiii ! des Nobels derrière le parfum. Allez, je vous dis tout. Parce que je trouve que c’est bien dommage cette éternelle frontière française entre art et sciences. Ils ne sont d’ailleurs jamais aussi bien liés qu’en parfumerie. Donc, je pioche dans la famille chimiste et je tire  le cador du secteur. Il n’est pas joli, pas glamour, pas chic. Binoclard le Leopold Rougitchka, chimiste Suisse et prix Nobel de chimie 1939. Mais il a été pionnier dans la synthèse de produits naturels, en collaboration avec l’industrie de la parfumerie, rien moins déjà que Chuit, Naef & *Firmenich. (tiens, tiens ce dernier nom me dit quelque chose… ).  Il collaborera aussi avec Hermann Staudinger (prix Nobel de chimie 1953) et formera dans son laboratoire Vladimir Prelog, futur lauréat du prix Nobel de chimie en 1975.

Voili, voilà, si aujourd’hui les parfums sont ultra réglementés, c’est tant mieux. Pour notre santé et pour donner du travail aux petits et grands rats de laboratoire. Ce sont bien les chimistes qui permettent de vous en asperger sans qu’ils soient dermocaustiques, comme l’origan, ou photosensibilisants comme ceux tirés naturellement des agrumes. Et je ne cite ici que les moindres des dégâts potentiels.

Flacons Chanel N°5

Le Chanel N°5 que notre Coco voulait « synthétique », résulte de l’association de composés synthétiques, donc,  (environ 80 ingrédients), principalement un aldéhyde, le 2-méthylundécanal, d’odeur d’ailleurs moyennement agréable. Mystère des odeurs…

Revenons à présent à notre marché du parfum aujourd’hui, plus poétique, plus onirique, un sillage de rêve pour un marché juteux…   Lire la suite